La transition numérique accompagne la transition énergétique

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Un carnet où se trouvent réunies toutes les informations techniques ainsi que l’historique de construction et de rénovation d’un logement donné, telle est l’ambition du carnet d’entretien numérique. L’objectif : fournir l’outil à même d’améliorer les performances énergétique du bâtiment et du logement pour les professionnels et les particuliers.

Composé de moteurs de calculs validés par les ministères du logement et de l’environnement, il est alimenté en informations par les professionnels artisans, dont les diagnostiqueurs qui y renseignent leur DPE et autres diagnostics.

La maturité digitale chez les diagnostiqueurs et les électriciens

L’utilisation du carnet numérique présuppose que les pratiques du numérique soient acquises chez les populations concernées. Selon notre enquête, l’espèce “homo numericus” a doublé en l’espace de trois ans. Il ressort de l’étude que la numérisation chez les diagnostiqueurs et les électriciens est en bonne marche, avec une légère avance pour les premiers, quand les électriciens commencent tout juste à s’équiper. Il est presque certain que ces tendances vont s’accélérer. Plus concrètement, qu’en est-il de l’usage du numérique ?

Electriciens et diagnostiqueurs sont entre 75 et 80% à se connecter à leur ordinateur de bureau et 50% à utiliser leur mobile, avec une préférence pour Chrome comme navigateur (20% pour Firefox et Safari).
L’écart entre électriciens et diagnostiqueurs est bien plus sensible quant à l’utilisation de l’ordinateur portable : 34% pour les premiers et 86% pour les seconds. Cet écart s’explique par l’utilisation que les diagnostiqueurs en font sur le terrain.

Les taux d’ouverture des newsletters et emailings restent stable malgré l’inflation de leurs envois (autour de 20%) qui pourrait au contraire conduire à leur rejet. Pour cela, ils recourent aux clients de messagerie traditionnellement les plustilisés : wanadoo, orange et gmail.

Le numérique pour les électriciens et diagnostiqueurs : pour quel usage ?

Ils l’utilisent notamment comme source d’informations sur les nouveautés produits et les innovations chez les électriciens en vue de les proposer à leurs clients. C’est aussi un outil de veille juridique et technique chez les diagnostiqueurs, et une aide au développement de leur activité.

Dans l’exercice de leur métier, les électriciens sont connectés aux applications collaboratives de mesure qui leurs garantissent plus de sécurité et leur permettent de travailler en collaboration.
Pour les diagnostiqueurs, les applications leur permettent d’inscrire directement leurs données dans leurs rapports, et gagnent ainsi en temps de rédaction.

Les applications métier, pour continuer d’accompagner les professionnels, devront tenir compte de deux besoins fondamentaux : la réunion d’une multiplicité d’outils au sein d’une même application, la fonction « mode déconnecté » qui permet une continuité de travail en cas de panne Internet dans les lieux où la connexion n’est pas optimale.

Le carnet d’entretien numérique : la mémoire du bâtiment pour l’amélioration du logement

Le contexte technologique et réglementaire sur la transition énergétique impulse la transition numérique

Le développement du carnet d’entretien numérique s’inscrit dans un contexte où l’Etat affiche un objectif de rénovation de 500 000 logements par an, et les collectivités une volonté d’incarner l’adhésion toujours plus croissante des populations aux valeurs écologiques.

La loi du 17 août 2015 rend l’utilisation du carnet numérique de suivi et d’entretien du logement obligatoire pour pour toute construction neuve dont le permis de construire est déposé à compter du 1er janvier 2017.
Il n’est en revanche pas obligatoire pour les logements relevant du service d’intérêt général qui appartiennent ou sont gérés par les organismes d’habitations à loyer modéré.

L’idée du carnet numérique émerge aussi à un moment où de nombreux logiciels professionnels et collaboratifs se développent : la maquette numérique BIM, les compteurs connectés, etc., effleurant l’idéal pas si fantasmatique d’une plateforme unique, qui réunirait toutes les données, informable et accessible par tous et répondant à tous les besoins.

La puissance du Cloud est telle que nous touchons d’ores et déjà cet ‘idéal’ du doigt. Google, Facebook et Amazon ont une belle avance sur la question du stockage de données, avec des solutions en terme de durabilité et de sécurité comme la réplication de contenu censée empêcher toute perte.

Quelles données comprendraient ce carnet d’entretien numérique ?

Pour les professionnels, une documentation technique exhaustive rassemblerait la description des systèmes électriques par exemple, de quoi procéder à une veille sur l’entretien des biens ; des données structurées permettraient de générer des plans des logements (technologie BIM) ; les habitudes des ménages pourraient être analysées afin d’anticiper les travaux d’amélioration.
D’ores et déjà, Deveko travaille sur une solution 3D fondée sur le HTML, qui permettrait de générer un plan simplifié du logement à partir des données structurées du bâti. Sur ce plan seraient renseignées toutes les indications de travaux de rénovation énergétique.

Quant aux particuliers, ils pourraient, sur ce carnet, accéder aux différents modes d’emploi des systèmes (chauffe-eau, frigo, climatiseurs, etc.), générer des rapports de leur consommation énergétique et des recommandations de travaux. Allons encore plus loin en y intégrant toutes les fonctions de la domotique à partir de capteurs de température, d’humidité, de bruit, de thermostats connectés, etc.

Des freins et des questionnements inhérents au caractère ambitieux du carnet d’entretien numérique

En pratique, des freins restent à lever et qui posent de réelles questions : dans le cas d’une copropriété, la question des données personnelles comme l’historique des factures qu’un propriétaire ne souhaite pas forcément partager avec tous ses copropriétaires ; ou encore la question de la responsabilité du locataire à informer ce carnet quand il n’est pourtant pas propriétaire du logement.
Par ailleurs, l’utilisation du carnet correspond à différents besoins impliquant une souplesse et donc une complexité supplémentaire. Ce carnet devra être évolutif.

Il implique aussi une formation à son utilisation. Comment former les utilisateurs ? Il implique d’interfacer les professionnels : quelle méthodologie employer ?

Et enfin la question de son financement et donc de son modèle économique. Qui est à même de le financer : les propriétaires ? les investisseurs privés ? les collectivités afin de garantir une conformité à la loi ? Faisons aussi appel à l’imagination ou tout simplement aux solutions déjà existantes comme la publicité des fabricants : au moment où le carnet détecterait l’obsolescence de la chaudière, une publicité du fabricant s’afficherait…

Si les promesses de ce carnet sont nombreuses, nous n’en sommes encore qu’à ses débuts. Il est fort probable que le préalable à sa réussite soit une phase test, avec une version minimale qui permettrait de cerner les besoins réels de ses utilisateurs, l’efficacité de son usage, avant d’entrer dans une phase de développement plus avancée.
Mais il est certain que cet outil décisif qui se dessine, est indispensable pour accompagner la rénovation énergétique du bâtiment, optimiser l’efficacité des professionnels, anticiper et projeter des travaux sur le long terme. Jusqu’à 2025, date à laquelle sa généralisation est prévue, il nous reste encore quelques années de réflexion…

Enquête menée par Deveko en mars 2016 (logiciel de sondage en ligne Sphinx, Google Analytics et statistiques fournies par la plateforme de newsletters Sendinblue), et enquête « Les artisans et l’innovation » menée en juillet-août 2015 par la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB).

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