Eric Sfreddo (Etablissements Jouannot) – « Il faudra sérieusement relancer les circuits classiques de recrutement »

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Eric Sfreddo, président de la société Jouannot. Entreprise polyvalente spécialisée dans la rénovation électrique depuis 1948, les etablissements Jouannot, travaillent essentiellement sur le secteur de Maubeuge (Nord). Avec 35 salariés et un périmètre d’intervention très étendu, l’entreprise est un des leaders régionaux.

Sur quel segments de marché intervenez-vous ?

Nous travaillons indifféremment dans le logement neuf, la rénovation et les bâtiments tertiaires. Notre vocation est de proposer un package global pour des prestations complètes. Si une partie du chantier est hors de notre domaine de compétences, nous sous-traitons et c’est transparent pour le client. Nous avons également comme clients des bailleurs sociaux comme Partenor ou Promocil qui gèrent 15 000 logements.

Avec une part de chiffre d’affaires sur le courant faible comprise entre 15 et 20%, ce segment d’activité reste important et en développement constant chaque année. A côté de l’activité électrique pure, nous avons développé une société multiservice qui propose des contrats de maintenance et multiservices avec les bailleurs sociaux, particuliers ou syndics. Par ce biais, nous gérons le tiers de leur parc en multiservice. Une activité annexe qui représente 1,3 millions d’euros et occupe 13 personnes à plein temps. La société a dû se diversifier pour prendre en compte les changements et les nouveautés du marché. Avant, nous ne travaillions que dans des logements, et désormais, nous alternons entre logements et bâtiments tertiaires. De fait, nous pouvons être amenés à installer un poste haute-tension, un interphone, une alarme incendie ou intervenir sur l‘installation électrique d’un hôpital.

La reprise est-elle au rendez-vous ?

Localement, nous commençons à sentir cette reprise depuis environ 8 mois, et surtout par le logement. Depuis un mois ou deux, nous constatons aussi une recrudescence des opérations dans le tertiaire, notamment via les mairies qui commencent à débloquer des dossiers. Le secteur industriel repart également, mais n’arrive qu’en troisième position.

Paradoxalement, les professionnels rencontrent des difficultés pour recruter.

Nous essayons de recruter, bien sûr. Mais nous ne trouvons pas de salariés formés. Et je peux parler au nom des autres corps d’État, puisque je suis Président du GRET, qui regroupe le génie climatique, les électriciens de la FFIE et les couvreurs-plombiers du Nord-Pas de Calais, soit 946 entreprises. Donc, aujourd’hui, nous recrutons par le bouche-à-oreille. Mais il va falloir relancer sérieusement les circuits classiques de recrutement dû à la conjoncture : formation, alternance et apprentissage, qui ont été délaissés ces dernières années. Nous savons qu’il va y avoir un temps d’adaptation de trois ou quatre ans pendant lesquels le secteur va être en pénurie de main d’œuvre.

Par ailleurs, l’évolution prévisible du secteur va nécessiter des adaptations en profondeur. Nous allons devoir répondre à une demande d’hyper-connexion. Ça démarre tous azimuts : la FFIE a signé une charte avec une soixantaine d’acteurs pour revoir les architectures réseaux, la sécurité numérique, etc. Mais tout cela fait appel à d’autres intervenants. Il va falloir s’allier avec des techniciens pour donner un dossier clé en main au client. Jusqu’ici, les lots courant faible et courant fort étaient séparés. Maintenant qu’ils sont regroupés, nous devons réfléchir à une offre globale pour le client qui intègre la connectivité, la maintenance et la sécurité numérique.

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