Linky : le faible usage de la maîtrise de l’énergie décrié par le CGEDD

Alors que le déploiement du compteur Linky se poursuit (4 millions installés au 1er mai 2017), un rapport de 88 pages publié par le CGEDD (Commissariat Générale de l’Environnement et du Développement Durable) constate que la maîtrise de sa consommation par l’usager n’est pas au coeur de l’utilisation. 
 
Linky, une réussite technique pour la gestion du réseau, une utilisation insuffisante pour le suivi de la consommation. Deux ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts, Bernard Flüry-Hérard et Jean-Pierre DUFAY, tous deux rattachés au CGEDD, ont relevé que si le système constitue une solution d’avenir précieuse pour le système énergétique français, « un maillon essentiel dans les évolutions vers les smart grids », son rôle risque de se limiter, sans mesures d’accompagnement mises en place par l’Etat et les fournisseurs d’énergie, qu’à une simple transmission des données par télérelèves.
Jusqu’ici, l’utilisation pour la maîtrise de l’énergie est très peu développée, avec moins de 4500 clients, soit 0,3% ayant demandé l’ouverture d’un compte sécurisé. L’installation d’afficheurs déportés, obligatoire pour les clients éligibles aux tarifs sociaux de l’énergie, ne commencera qu’en 2017. Pourtant, la directive 2009/72/CE de l’Union Européenne oblige les Etats membres à veiller à « la mise en place de systèmes intelligents de mesure qui favorisent la participation active des consommateurs au marché de fourniture de l’électricité ». Le rapport rappelle que plusieurs outils peuvent donner au client des moyens pour qu’il soit sensibilisé à sa consommation.
Rendre le consommateur actif
Les deux auteurs encouragent Enedis à faciliter et promouvoir l’outil « courbe de charge ». Ainsi, le dispositif revient à envoyer gratuitement une courbe de charge (au pas d’une heure) au consommateur, rapidement après l’installation du compteur, et ensuite, une fois par an. Une communication régulière, mettant notamment en avant des utilisations « témoins » de cette courbe serait un moyen de susciter l’intérêt du consommateur.
Sur ce sujet, plusieurs associations de défense de consommateurs se sont inquiétées de la collecte de ces données car une analyse détaillée pourrait permettre de déduire de nombreuses informations relatives des abonnées (heure de lever et de coucher, périodes d’absence…). Toutefois, la CNIL qui a participé aux travaux du comité de pilotage et de suivi du déploiement a validé le déploiement de Linky en 2015 sous certaines conditions : enregistrement en local de la courbe de charge, au pas horaire, pour une durée maximale d’un an, consentement de l’abonné pour la remontée de la courbe de charge dans le système d’information d’Enedis…
Des consommations affichées en kWh
Concernant l’afficheur déporté, les rapporteurs exigent que le consommateur soit en mesure de percevoir en temps quasi-réel sa consommation instantanée. Cet outil doit ainsi afficher les consommations en euros, sans opération complexe de l’utilisateur. A l’heure actuelle, seules les consommations en kWh sont affichées. L’afficheur devra également s’adapter à toutes les installations équipées d’ERL (Equipement radio Linky).
Sur smartphone, la disponibilité de données de consommation est actuellement disponible via l’installation d’une passerelle de conversion des protocoles de transmission Zigbee ou KNW vers le Wifi. Problème : la portée du Wifi est limitée car la puissance disponible sur la prise ERL est inférieur à la puissance maximale d’un réseau Wifi domestique. Certaines pièces ne pourront recevoir les données de consommation, certes, mais les deux ingénieurs estiment que le consommateur n’a pas besoin d’une réception de ces informations dans toutes ses pièces.
Pour rappel, la loi de transition énergétique prévoit la généralisation de 35 millions de boîtier jaune à l’horizon 2021. En charge du déploiement, Enedis installe actuellement les compteurs à un rythme d’environ 9 à 11 000 par jour.

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