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Analyse amiante : traçabilité des échantillons, nouveaux polluants et évolutions techniques


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Pierre Proietti, Business Unit Manager chez Eurofins Analyses pour le Bâtiment, répond aux questions sur la traçabilité des échantillons amiante, les évolutions techniques dans les analyses et les polluants à surveiller dans le futur à l’occasion du Grand Circuit Maîtriser l’Amiante.

Retranscription

Comment assurer la traçabilité des échantillons ?

Ne serait-ce que par les obligations d’accréditation, la traçabilité suit des exigences assez strictes. Dans le laboratoire, elle passe par une identification, un numéro unique, non seulement de la commande du dossier mais également de l’échantillon jusqu’à la couche. Pour parler de matériaux multi-couche, chaque couche a son numéro unique. Aujourd’hui, on s’appuie sur des systèmes informatisés avec une traçabilité par code barre, ce qui évite un certain nombre de risques sur la saisie. Mais au delà de l’aspect informatique, on travaille aussi à ce que la traçabilité apparaisse dans nos flux. Il ne s’agit pas d’avoir un super système informatisé et des flux physiques désorganisés, on imagine bien les conséquences que ça pourrait avoir. Donc chez nous c’est un chantier d’amélioration permanent. Une bonne traçabilité est aussi une traçabilité qui est étendue entre les acteurs. Chez Eurofins Analyses pour le Bâtiment ça passe par des échanges de données informatisés, pour ne pas refaire la traçabilité qui a déjà été faite par l’opérateur de repérage, mais réutiliser directement les informations et pouvoir renvoyer les résultats à l’opérateur de repérage pour produire son rapport et éviter les écueils où l’on a par exemple un rapport de repérage et des rapports d’analyses qui pourraient ne pas être cohérents.

Quelles sont les recherches de nouveaux minéraux ou éléments chimiques qui peuvent devenir obligatoires ?

Ce qui est recherché actuellement, ce sont les amiantes réglementaires chrysotile, amosite, crocidolite, anthophyllite, trémolite, actinolite. Pour l’instant, c’est tout ce que l’on appel amiante au sens réglementaire. Il y a d’autres fibres qui ont été pointées du doigt par l’ANSES notamment : les particules minérales allongées d’intérêt (PMAI), les fibres fines et les fibres courtes qui ne sont pas recherchées aujourd’hui au sens réglementaire. On ne pense pas qu’elles le soient à très court terme. En revanche, on est aujourd’hui capable d’accompagner les clients qui souhaitent faire de l’analyse de risque autour de ces fibres là. On a les techniques analytiques qui permettent de le faire.

Les techniques d’analyse amiante évolueront-elles dans les dix prochains années ?

Aujourd’hui nous avons des techniques qui sont déjà très performantes puisque l’on associe deux techniques très complémentaires : la microscopie électronique (MET), avec laquelle on travaille en très fort grossissement, et on peut utiliser des outils tel qu’un analyseur chimique pour caractériser l’amiante ; et la microscopie optique à lumière polarisée (MOLP), qui permet dans certaines matrices de mettre en évidence l’amiante de manière beaucoup plus rapide et tout aussi fiable. Nous sommes capables ensuite de proposer des techniques complémentaires, notamment la microscopie électronique par balayage (MEB) ou la microscopie optique en champ proche (MOCP) pour aller sur des analyses de type fibre céramique réfractaire. Nous sommes donc capable d’aller au delà de la réglementation. Par contre, on ne voit pas à court terme la réglementation évoluer pour intégrer de nouvelles techniques analytiques. Si évolutions techniques il y a, elles se feront autour de nos techniques actuelles avec peut-être de l’intelligence artificielle ou de l’imagerie.

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