Cartographie de l’amiante et carottage – Réponses d’experts avec Geocoapa

Thierry Ornaque, dirigeant de Geocapa, répond à trois questions à l’occasion du Grand Circuit Maîtriser l’Amiante spécial “enrobés routiers et réseaux enterrés” du 11 juin 2019.

Retranscription

Quel est le niveau d’empoussièrement attendu pour la réalisation des carottages ? Comment gérer le respect de la VLEP réglementaire ?

Au niveau de la base SCOLA, aujourd’hui, il y a très peu de personnes qui s’intéressent à ce sujet là. Normalement, tous les opérateurs de repérage pour valider leurs processus devraient réaliser leurs propres mesures sur opérateurs. Dans ses études, l’INRS a estimé – en fonction des méthodologies qui sont testées – que lors d’un carottage on pouvait être exposé entre 3 et 7 à 8 fibres au moment de la phase de prélèvement. Avec la solution qu’a développé Geocapa, je suis à 0 fibres parce que j’utilise tout ce qui est à disposition aujourd’hui pour les prélèvements : l’abattement des poussières avec brumisation, du gel hydrique pour plaquer les poussières au niveau de l’amorce du carottage… J’arrive donc à 0 fibres et à être dispensé du port d’EPI en mode “cosmonautes”.

Quelle cartographie pour quel usage ? Cartographier seulement la surface ou en 3D ?

Malheureusement, la cartographie à l’économie c’est faire une analyse de la carotte complète. Là on a un souci : les laboratoires sont responsables des résultats qu’ils donnent, mais sur la base des échantillons qui sont transmis par l’opérateur de repérage. Donc aujourd’hui si on fait une analyse d’une carotte entière, dont on a mélangé de façon non homogène toutes les couches, on ne va pas être capable de cartographier – sur la totalité de l’épaisseur de la chaussée – le résultat amiante ou HAP. La seule réponse par rapport à ça, c’est de prélever une carotte et de séparer toutes les couches. Et effectivement d’identifier chacune des couches. Mais ça a un coût induit, car une couche égale un échantillon, égale une analyse amiante et une analyse HAP.

Quelles innovations pour une cartographie plus précise ?

Les évolutions, c’est d’utiliser du matériel comme les drones par exemple, pour générer des cartographies sur la base des outils qui existent. Ça permet encore une fois d’éviter d’exposer les opérateurs vis à vis des risques routiers. Aussi, la solution que j’ai développé depuis 2012 au niveau des remorques a été copiée. Donc aujourd’hui je pense qu’il y a encore des solutions qui permettent d’embarquer du matériel pour ne pas exposer les opérateurs à différents risques. C’est la solution d’avenir et ça permettra d’écrémer un petit peu entre ceux qui font encore des carottages en mode artisanal.