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Virgil Lombardo, électricien : « Se former à la norme 15-100 était indispensable »


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ENTRETIEN AVEC
Virgil Lombardo, dirigeant de la société AELV Electricité. Créée il y a quatre ans, l’entreprise intervient dans la région parisienne, majoritairement dans l’habitat.

Dans quelle situation se trouve votre activité ?

L’activité se porte très bien depuis la rentrée de septembre, après quelques mois difficiles suite à l’élection présidentielle. Mon carnet de commandes est rempli jusqu’au mois de décembre. Une évolution fiscale est sans doute passer par là car de nombreux clients – notamment les syndics – me demandent de facturer avant 2018. Nous attendons maintenant avec impatience la loi sur la mise au norme obligatoire de l’électricité. Le marché serait énorme : la plupart des appartements que je visite ne sont pas aux normes.

Après la crise qu’elle a connu, la profession a du mal à faire remonter les prix. Les travailleurs détachés, notamment, pratiquent des prix qui défient toute concurrence. Pour m’adapter, j’ai diminué mes tarifs de 10 euros le mètre carré. Les marges sont également réduites du fait des normes que nous devons suivre ; plus de fils, plus de gaines, plus de tableaux… donc des coûts plus serrés. Les sociétés de bâtiment abandonnent petit à petit le poste électrique, ce qui peut être une aubaine pour les techniciens spécialisés et diplômés, comme moi, dans le domaine de l’électricité.

Quelles sont vos pistes de développement ?

De nombreux marchés vont se développer dans le domaine du courant fort car de plus en plus d’objets fonctionnent à l’électricité. Être conforme à la norme 15-100 était donc indispensable pour se préparer. Un marché particulièrement volumineux se profile avec les prises de courant dans les parkings pour les voitures électriques, ainsi que les compteurs qui vont avec. C’est une activité sur laquelle je souhaite me positionner très rapidement. Et puis il y a la basse tension avec le développement des luminaires LED.

La demande en domotique reste très rare car les appareils ne sont pas encore universels. Dans les logements, elle se limite le plus souvent à la commande du chauffage ou des volets roulants. C’est aussi un coût supplémentaire que les propriétaires ne veulent pas supporter pour leurs locataires. Or, le marché locatif domine à Paris. Ce n’est pas non plus entré dans les moeurs des électriciens. En rénovation par exemple, peu d’entre nous descendent le fil neutre dans les interrupteurs. Je reste tout de même en veille sur le sujet du courant faible car le marché va sans doute s’adapter dans les cinq ou dix prochaines années avec l’arrivée de solutions universels.

Est-ce facile de proposer de la maintenance ?

Les appareils des fabricants avec lesquels je travaille sont devenus très fiables et il n’y a quasiment plus de fusibles. Un tableau électrique n’a aucune raison de tomber en panne s’il est correctement installé. De plus, avec les normes actuelles chaque circuit est isolé et les assurances demandent systématiquement une attestation de conformité. Si autrefois un contrat de maintenance dans une copropriété consistait principalement à changer les fusibles, les ampoules et les sorties de secours, la qualité actuelle du matériel ne favorise pas ce type de contrats. Les assurances obligent de passer tous les 6 mois pour vérifier les sorties de secours, mais même les contrats de maintenance sur ce poste sont difficiles à passer. Ces contrats pourront néanmoins se développer grâce à la domotique et aux futurs réglementations.

Interview réalisée dans le cadre de la Conférence des Électriciens de demain

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