Analyse amiante : spécificités et impacts de l’arrêté du 1er octobre 2019

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Eurofins Analyses pour le Bâtiment est un réseau de laboratoires connu et reconnu pour ses analyses de polluants du bâtiment. Ces dernières années ont été marquées par la diversification de l’offre analytique (analyses de plomb, détection de mérule pleureuse, détecteur de radon…). Toutefois l’amiante reste au cœur de l’activité des laboratoires. Robbie Jameson, directeur des laboratoires du réseau français revient sur l’arrêté du 1er octobre 2019 et ses spécificités.

Cet arrêté entre en application le 20 avril 2021, quel est son impact au sein d’un laboratoire ? Comment vous y êtes-vous préparé ?

L’innovation, la fiabilité et la satisfaction de nos clients sont dans l’ADN du Groupe Eurofins, c’est tout naturellement que nos laboratoires sont prêts ou procèdent déjà pour certains d’entre eux aux analyses selon les exigences de ce nouvel arrêté. Il reprend sur de nombreux points des procédés qui font partie de notre méthode analytique depuis toujours. L’adaptation à cet arrêté se fait plutôt simplement et sans perturbation opérationnelle pour nos Clients.

Il rend obligatoire la séparation de couche lorsque cela est possible : « chaque couche dissociable d’un échantillon, dont la quantité de la prise d’essai est suffisante, fait l’objet d’une analyse unitaire. » (Art.5). Nous avions déjà fait les études longues et exigeantes et les investissements nécessaires pour l’accomplir.

Un autre item du nouveau texte de loi impose l’usage du Microscope Optique à Lumière Polarisée (MOLP) lors de l’analyse d’un matériau. Ceci fait aussi partie depuis toujours de nos pratiques analytiques. Nous sommes étonnés que certains laboratoires ne pratiquent toujours pas l’observation au MOLP.

La notion de quantité minimale est un des facteurs clés d’une bonne analyse et nous communiquons depuis longtemps à nos clients sur ce point. Si l’opérateur de repérage ne fournit pas au laboratoire une quantité suffisante pour permettre une analyse valide, il risque un rejet de l’échantillon, ce que nous aimerions forcément lui éviter ! Aujourd’hui cela devient une obligation réglementaire, cette approche de bon sens sera adoptée par l’ensemble de nos confrères.

Certaines de ces nouveautés ont un impact également chez les opérateurs de repérage. Les équipes au sein de nos laboratoires sont formées et apportent à nos clients toutes les informations dont ils ont besoin à ce sujet.

Vous avez parlé de l’analyse à la couche, pourtant nous entendons également parler d’analyses monocouche, multicouches ou encore globales. Comment s’y retrouver ?

Les analyses globales étaient déjà proscrites depuis la parution du LAB GTA 44, et même avant cela avec la NFX 46-020 parue en 2008. Il est un peu illusoire de découvrir aujourd’hui que de telles pratiques n’étaient pas acceptables.

L’analyse multicouches, lorsqu’il s’agit d’analyser toutes les couches d’un matériau en même temps, revient à une analyse globale et est donc strictement interdite.

En revanche, si l’analyse multicouche signifie que l’on analyse chacune des couches séparément, alors cette pratique est conforme aux exigences de l’arrêté du 1er octobre 2019. C’est cette approche que nous avons toujours adoptée, car elle seule permet de garantir la limite de 0.1% en masse en évitant par exemple une dilution des fibres solide/solide. Elle permet à notre client de savoir exactement où se situe l’amiante dans le matériau ou produit.

Quid des matériaux routiers ? Que préconise l’arrêté du 1er octobre 2019 ?

L’arrêté du 1er octobre 2019 traite spécifiquement des méthodes et principes à mettre en œuvre dans les matériaux et produits dans lesquels on trouve un squelette granulaire d’origine naturelle. Il définit donc clairement l’emploi de méthodes adaptées à l’analyse du squelette granulaire et du liant, s’ils existent. A ce titre, l’arrêté reste assez clair dans sa lecture puisqu’il s’agit bien d’une méthode adaptée à mettre en œuvre aux différentes matrices ou mix de matrices soumises aux essais.
Selon l’article 2 de l’arrêté, une méthode adaptée est demandée. Il n’est alors pas formellement nécessaire de proposer des analyses en surcoût pour des méthodes qui vont au-delà des exigences réglementaires.
L’arrêté stipule que « chaque composant fait l’objet d’au minimum trois prises d’essai faisant chacune l’objet d’au moins une préparation. ». Un matériau routier est constitué en général de granulats, fillers, d’un liant et d’amiante délibérément ajouté. Chaque constituant doit alors être analysé à l’aide d’une méthode adaptée.

La technique dite « de Chatfield » mise en place chez Eurofins est basée sur une succession d’attaques thermiques et acides. Elle est répétable et reproductible et non spécifique, ce qui n’est malheureusement pas le cas de nombreuses autres méthodes.

C’est sur ce point d’ailleurs que nous espérons une évolution de la réglementation. La norme ISO 22262-1 à la base de la méthode de Chatfield permet un résultat valide avec la lecture d’une seule grille. Le nouvel arrêté exige la lecture de deux grilles. Ceci est absolument superflu avec notre méthode et nous espérons un assouplissement sur ce point.

Cet arrêté permet une montée en compétences globale de la filière avec un niveau d’exigences accru de la qualité des analyses. Cependant, nous ferons tout notre possible pour éviter une envolée des prix. Aujourd’hui comme hier et comme demain, Eurofins est prêt à proposer un haut niveau de qualité sans en impacter ses clients.

L’arrêté ne semble pas concerner l’air, comment répondez-vous aux problématiques de vos clients sur ce sujet ?

Cet arrêté est plutôt ciblé sur le massif, mais il a un impact sur les prélèvements et analyses d’ANP, et il élargit à d’autres sujets HP Env, PMAi, PMA, sur lesquels nous avons des prestations et de l’accompagnement à proposer à nos clients.

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