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L’autoconsommation, une réponse au décret Tertiaire ?

L’évolution des systèmes de pilotage énergétique ouvre la voie à de nouvelles architectures énergétiques au sein des bâtiments : autoconsommation, alimentation de secours, recharge de véhicules électriques… Des solutions qui permettent de répondre aux nouvelles obligations réglementaires des bâtiments tertiaires. Le point avec Quentin Ley, chef de produit Stockage Énergie Tertiaire et IRVE chez Eaton.

Le Comptoir Électrique de Sarrebourg a choisi d’installer une puissance photovoltaïque de 49 kWc sur 300 m2

L’autoconsommation peut-elle participer aux objectifs du décret Tertiaire ?

La question à se poser est de savoir si l’objectif est de réduire la consommation du bâtiment ou la quantité d’énergie qui lui est délivrée par le réseau. Le décret Tertiaire semble pencher pour la seconde hypothèse. En produisant et consommant une électricité locale, via des énergies renouvelables et un système de stockage, le bâtiment peut alléger sa dépendance au réseau de distribution et participer à cet objectif. 

L’autoconsommation apparaît donc comme un levier intéressant pour répondre aux obligations de performance énergétique du décret. De plus, l’énergie consommée est une énergie décarbonée.

Quels sont les autres avantages de l’autoconsommation dans le secteur tertiaire ?

En intégrant l’installation de panneaux photovoltaïques sur toiture ou ombrières, la mise en place de l’autoconsommation collective et les infrastructures de recharge de véhicules électriques (IRVE), la vision “Building as a Grid” d’Eaton voit plus loin que le décret Tertiaire : nos solutions apportent tout autant une réponse à la loi Énergie Climat et à la loi d’Orientation des Mobilités (LOM).

L’autoconsommation fournit par ailleurs une deuxième source d’alimentation électrique au site, assurant ainsi la continuité de l’activité en cas de panne du réseau. Bénéficier d’une production locale et d’un stockage tampon permet aussi de se conformer à la loi d’orientation mobilités sans avoir à redimensionner le système de distribution, évitant les surcoûts associés.

Quentin Ley, chef de produit Stockage Énergie Tertiaire et IRVE chez Eaton.

Quelles sont les réponses proposées par Eaton pour répondre à ces problématiques ?

L’expertise d’Eaton repose principalement sur l’optimisation des flux énergétiques du système et sur le stockage de cette énergie. Nous fournissons des convertisseurs de puissance, des automates industriels, des armoires de distribution d’énergie ou encore des bornes de recharge de véhicules électriques, ainsi qu’une suite logicielle pour programmer des scénarios sur mesure et répondre à des problématiques spécifiques.

Le projet du stade Johan Cruijff Arena à Amsterdam illustre parfaitement notre savoir-faire. Ses 4 100 panneaux photovoltaïques fournissent une puissance nominale de 3 MW, stockée par l’équivalent de 148 batteries de Nissan LEAF. Une combinaison qui permet de stocker en semaine l’énergie nécessaire pour les évènements du week-end, et ainsi supprimer le recours aux groupes électrogènes mobiles.

En France, l’Université Catholique de Lille a fait appel à nos services pour optimiser la nouvelle source d’énergie produite par les panneaux installés sur les bâtiments historiques. L’objectif : devenir un “Campus Zéro Carbone” d’ici 15 ans. Eaton a ainsi adossé un système de stockage à une capacité de production de 250 kWh, alimentant les bâtiments et six bornes de recharge. Le nouveau système a pu être interfacé avec le système de pilotage pré-existant du client.

À plus petite échelle, le Comptoir Électrique de Sarrebourg a choisi d’installer une puissance photovoltaïque de 49 kWc sur 300 m2, couplée à un système de stockage avec bascule automatique sur l’alimentation de secours en cas de coupure de courant. Un investissement judicieux qui a permis à l’entreprise de continuer son activité lors d’une coupure de courant.

Enfin, le projet de SAP Labs France a permis d’installer plusieurs dizaines de points de recharge, sans redimensionner le réseau électrique. Le site a ainsi conservé le transformateur et l’architecture électrique, évitant des surcoûts, tout en accueillant de nouvelles fonctionnalités telles que la maximisation de l’autoconsommation et la sécurisation énergétique.

Les solutions de stockage sont-elles efficaces ?

Avec une efficacité de conversion courant alternatif / courant continu de l’ordre de 97 % et une capacité volumétrique de stockage de 50 kWh par m2 au sol, nous avons bien affaire à une technologie mature. La capacité de stockage a été multipliée par deux entre la deuxième et la quatrième génération de batterie. Aussi, nous avons entièrement repensé l’architecture du système afin qu’il soit intégré avec beaucoup de facilité et de modularité. Il ne s’agit plus de démonstrateurs, mais de solutions optimisées et évolutives.

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