Amiante et plomb sur sites sinistrés : réduire le temps de confinement

Claude Husquinet, conseiller technique chez Hevadex, répond aux questions sur la solution développée par l’entreprise belge pour sécuriser les sites pollués après un sinistre. Une vidéo réalisée à l’occasion du Grand Circuit Maîtriser l’Amiante.

Retranscription

Comment réduire le temps de confinement d’un chantier avec la solution proposée par Hevadex ? Quel coût au m2 ?

Le matériau se pose au pistolet Airless, ce qui veut dire que lorsque les surfaces sont prêtent l’opérateur peut réaliser environ 1000 m2 par jour. Ce sont des rendements extrêmement rapides. Concernant le coût, si l’on compte tout – sachant que l’on met environ 800 grammes par m2 et compte tenu de la vitesse de pose, de l’installation et des coûts accessoires -, on va arriver entre 10 et 15 euros du m2.

Le confinement doit être exécuté le plus rapidement possible puisque l’on se trouve dans un milieu particulièrement défavorable (site pollué après sinistre). L’avantage de notre procédé est qu’il est projeté.

Comment confiner l’amiante, voire même le plomb, suite à un incendie ?

Pour ce qui est des suies, après un incendie, j’ai procédé à un test préalable dans le laboratoire. À l’Université de Liège nous avons un laboratoire qui assure les tests au feu des différents matériaux de construction. Ce laboratoire existe depuis une 30ène d’années, il est donc noir de partout. Lors de ce test, on a pu retrouver le béton classique gris clair et même les joints de reprise nettoyés.

En ce qui concerne le plomb, c’est une problématique qui est un peu différente. La fixation des particules ne pose pas de problème puisqu’il s’agit d’un matériau liquide, ce matériau a une réaction qui est relativement lente, il a le temps d’enrober le matériau et il contient également des tensioactifs suffisamment efficaces de façon à pouvoir assurer l’enrobage et la fixation.

Alors maintenant on a différents tests : ça dépend bien sûr de la teneur en plomb au départ. Nous avons pu mesurer que sur des taux de plomb extrêmement élevés, notre membrane est capable de fixer entre 1 million et 1,8 million microgrammes au m2.

Peut-on imaginer l’arrivée de nouvelles matières pour encapsuler l’amiante dans un futur proche ?

Oui, bien sûr. Nous cherchons en permanence. Il y a plusieurs contraintes. Nous sommes dans un domaine chimique. La Communauté Européenne a la réglementation REACH qui concerne l’utilisation de toute une série de produits chimiques. Cette législation évolue, donc ce qui est utilisé aujourd’hui pourrait très bien être à un moment donné interdit.

Nous cherchons toujours dans deux directions. Et l’une des directions principales dans lesquelles nous évoluons au niveau de la fabrication de produits est toujours la voie naturelle. Nous avons une pensée particulière pour le moment parce que l’Université développe un certain nombre de matériaux composites à base de lignite. Et donc nous avons quelques espoirs dans ce domaine là, où l’on pourrait supprimer un certain nombre d’additifs de nature chimique.