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Fibre optique : assurer la continuité des services dans les bâtiments tertiaires

Le décret Tertiaire porte un coup d’accélérateur à l’installation d’équipements de suivi et d’amélioration de la performance énergétique. Des équipements connectés entre eux, communicant en dehors du bâtiment et de fait tributaires d’un réseau de télécommunication performant. Didier Cazes, responsable des Affaires Publiques à la direction Fibre d’Orange, répond à nos questions sur le rôle de la fibre optique et sur les particularités du raccordement des bâtiments tertiaires.

Didier Cazes

Responsable relation externe fibre
Orange

Quel rôle joue la fibre optique dans le pilotage des consommations énergétiques des bâtiments tertiaires ?

La fibre optique est en quelque sorte l’autoroute qui va permettre à tous les équipements de communiquer, sans perte et sur plusieurs kilomètres. Avec la multiplication des appareils connectés, l’infrastructure de communication doit être stable et performante afin d’assurer la continuité des services. La fibre optique est la technologie la mieux placée pour répondre à ce besoin. D’autant plus que la France s’est engagée dans un gigantesque chantier de déploiement, dont l’objectif est de couvrir à terme 100 % du territoire. Un objectif indispensable à la réalisation de la vision “Smart City”, dans laquelle s’intègrent aussi bien les bâtiments tertiaires que les immeubles de logement.

De par son mode de production, la fibre a également un intérêt dans la démarche RSE (Responsabilité sociétale des entreprises), ainsi que d’un point de vue écologique. Sa fabrication nécessite principalement de la silice, disponible en abondance contrairement au cuivre. Aussi, la fibre optique transporte de la lumière et non de l’électricité. Le réseau téléphonique commuté (RTC) en cours de remplacement, quant à lui, nécessite une tension de 48V en continu.

Quels délais faut-il prévoir pour l’installation de la fibre optique ?

L’installation de la fibre optique dans les bâtiments tertiaires est souvent plus rapide que pour les copropriétés, où les délais sont rallongés par le processus de prise de décision. Avec les bâtiments tertiaires, l’autorisation s’effectue de gré à gré, entre le gestionnaire du parc immobilier et les occupants. L’étude est également plus simple et succincte dès lors que la zone où se situe l’immeuble est pré-équipée, ce qui est le cas dans la grande majorité des cas. Cette étude concerne le local technique qui irrigue le site et la ligne qui sera tirée jusqu’au client. De plus, les bâtiments tertiaires sont pensés pour accueillir les différents fluides et sont déjà équipés en conséquence, notamment de gaines techniques. Les délais à prévoir sont donc de quelques mois.

Cependant, les délais n’ont pas tendance à se raccourcir malgré l’industrialisation du raccordement fibre optique en cours dans toute la France : la main-d’œuvre est toujours aussi rare et la demande a explosé depuis la pandémie. Il n’y a toutefois pas de craintes à avoir du côté de l’approvisionnement ou des coûts, grâce à l’existence d’une filière européenne et française.

Quelles peuvent être les difficultés rencontrées par l’opérateur dans le tertiaire ?

La principale difficulté concerne le dimensionnement de la ressource allouée à l’immeuble. Si l’opérateur ne connaît pas l’activité des entreprises que l’immeuble abrite, il ne peut pas prévoir le nombre d’accès à la fibre optique. Un centre commercial par exemple nécessite des ressources pour chaque boutique. Le tertiaire c’est aussi beaucoup de TPE et PME, avec des besoins très différents.

La liste des typologies de bâtiment étant énorme, la standardisation est très complexe. L’étude préalable est donc une étape indispensable. Orange a toutefois identifié des grandes catégories : client unique, multi-client, petite structure artisanale, centre commercial… nous savons évaluer leurs besoins, mais l’étude sera toujours nécessaire au préalable.

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